La cinétose ou naupathie ou bien encore le mal des transports

Cette croisière si attendue, cette journée de navigation rêvée, qui risque d ’ évoluer vers le cauchemar, ou tout simplement s ’ annuler par crainte … du mal de mer, que certains d ’ entre nous redoutent à juste titre.

 

Comment lutter contre le mal de mer ?

Nous allons essayer de comprendre le mécanisme de ce désagréable phénomène, et de trouver toutes les astuces et les traitements pour le combattre.

 

Qu’est – ce que c’est ?

Le mal des transports ou cinétose ou encore naupathie est le terme générique qui regroupe l’ensemble des troubles provoqués chez certaines personnes adultes et enfants par un voyage en bateau, en voiture, en train, en avion … et même dans l’espace.

Le symptôme le plus fréquent de la cinétose : la nausée, signifie en grec « mal de mer » (naus signifiant bateau).

Le mal des transports est une affection fréquente qui atteint, parfois de façon chronique, quelques trois millions de personnes en France. Globalement une personne sur trois sera touchée une fois dans son existence par le mal des transports.

Généralement les femmes et les enfants sont plus sensibles que les hommes, alors que les nouveau-nés et les personnes âgées le sont moins. Même les animaux sont atteints (chiens, chats, chevaux…).

Banales et le plus souvent bénignes, les cinétoses sont fonction de la prédisposition individuelle et des conditions de transport.

On évalue globalement de 1 à 100 % selon l’état de la mer, de 3 à 5 % en voiture, et à moins de 1 % en train les risques d’une cinétose, et de 50 à 60 % les risques pour les astronautes contre 0,5 à 10 % en avion.

Cette pathologie touche également les professionnels : marins, pilotes d’avion, etc… qui classiquement s’habituent, mais 2 à 3 % d’entre eux ne s’adaptent jamais.

Enfin, se déplacer à cheval n’entraîne pas de cinétose à l’inverse de ce qui peut se passer à dos de chameau ou d’éléphant.

Pourquoi le mal des transports ?

La cinétose est la résultante de plusieurs signaux brou illés au niveau du cerveau. L’équilibre est la résultante de trois fonctions : les vestibules (canaux semi- circulaires au niveau de l’oreille interne) qui dans les conditions physiologiques normales de la vie courante, renseignent l’individu sur sa position dans l’espace et les mouvements qu’il y effectue, en particulier l’accélération, interviennent également la vision et les sensations proprioceptives (capteurs au niveau des muscles, tendons et peau).

En situation normale, ces trois capteurs donnent des informations concordantes au cerveau. En situation d’hyper stimulation comme sur un bateau, les labyrinthes sont hyper stimulés, la ligne d’horizon bouge et le sol est instable, donc des informations anarchiques sont envoyées au cerveau qui ne peut plus les analyser correctement.

Ce désaccord neurosensoriel se double d’un deuxième désaccord qui est celui des informations d’équilibre, données antérieurement au cerveau sur la base d’expériences d’équilibre antérieures.

Enfin, le mal des transports survient t rès souvent sur fond d’anxiété (la peur d’être malade), associée à des facteurs environnementaux : les odeurs, la chaleur ou le froid, le confinement, etc…

Si chacun connaît les signes du mal des transports bénins, trois tableaux allant du plus léger au plus grave sont possibles :

D ’abord « un syndrome neurovégétatif », sensation de mal être (salivation, bâillement, transpiration, apathie). Surviennent ens uite des nausées et des vomissements, c’est un tableau « vagotonique ».

Initialement sédatifs ces vomissements peuvent devenir graves par leur durée, obligeant parfois à une médicalisation et à une évacuation.

Le troisième stade du mal des transports peut devenir gravissime avec état syncopal, troubles du comportement (désir de se jeter à l’eau pour ne plus subir cette torture du mal de mer) et altération des performances intellectuelles.

Fort heureusement, les cinétoses sont dans la majorité des cas absolument bénignes et s’arrêtent spontanément avec l’arrêt du mode de transport emprunté.

Alors comment éviter les cinétoses ?

Les petits moyens

Des précautions et petits conseils sont utiles :

  • Ne pas voyager l’estomac vide mais éviter de boire même de l’eau.
  • Eviter le froid et les ambiances surchauffées.
  •  Eviter le confinement (cabines de bateau) et les odeurs fortes (gaz d’échappement, fioul, odeurs de cuisines, etc…)
  • Essayer de fixer une ligne immobile (un amer, la ligne d’horizon )
  • Apprendre les techniques de biofeedback, en contrôlant volontairement les signes végétatifs.
  • Enfin, il faut essayer de s’occuper l’esprit, de détourner son attention pour ne pas penser « au mal de mer ».

Les médicaments

Tous les médicaments contre le mal des transports doivent être donnés à titre préventif avant l’apparition des premiers symptômes.

Les antihistaminiques (anti H1 comme les médicaments anti allergiques) donnent tous des effets secondaires et sont déconseillés en cas de plongée sous-marine.

Plusieurs médicaments sont utilisés :

  • DIPHENHYDRATE ou NAUTAMINE
  • DIMENHYDRINATE (DRAMAMINE, NAUSICALM) * MERCALM (même molécule + caféine).
  • La SCOPOLAMINE est un parasympatholytique (SCOPODOREM)

Son administration se fait par voie transcutanée (patch collé derrière l’oreille) dès la veille du départ. Ce type de produit est déconseillé également en cas de plongée sous-marine car des phénomènes de type hallucinatoires ont été décrits. De plus il est contre indiqué en cas de glaucome ou de pathologie prostatique et comme les anti H 1 nécessite l’abstinence à l’alcool.

  • La COCCULINE, médicament homéopathique inoffensif, a ses adeptes de même que l’acupuncture.
  • Enfin, dernière possibilité, la kinésithérapie effectuée par un kinésithérapeute rompu à la rééducation vestibulaire et proprioceptive donne des résultats significatifs.

 

Conclusion :

Ainsi démystifié, le mal de mer s ’ est apprivoisé et sûrement déjà guéri. Alors, hissons les voiles, prenons la barre, et … lançons la saison nautique 2012.

Dr Hubert BOUISSON, ORL, Montpellier
Dr Geneviève DOUX, Médecin esthétique, Montpellier